La captivité vue de l'intérieur, ou "S'enfuir, Récit d'un otage" de Guy Delisle.

octobre 12, 2016

J'ai découvert Guy Delisle avec PYONGYANG (sur conseil de Lemo il me semble). J'ai de suite enchaîné avec CHRONIQUES DE JÉRUSALEM et CHRONIQUES BIRMANES que j'ai lus et relus.

Plusieurs semaines avant la sortie de S'ENFUIR, RÉCIT D'UN OTAGE j'étais dans les starting-blocks.



La nuit du 1er au 2 juillet 1997, à Nazran, Christophe André dort seul dans l'un des bâtiments où l'on l'ONG à laquelle il est attaché. Malheureusement coïncidence (ou non), c'est cette nuit là que choisissent des rebelles tchétchènes pour l'enlever. S'ENFUIR, RÉCIT D'UN OTAGE est le récit de ces 111 jours de captivité.

« Être otage, c’est pire qu’être en prison.
Au moins, en prison, tu sais pourquoi tu es enfermé.
En prison, tu connais le jour où tu vas sortir, la date précise…
Alors qu’ici je peux juste compter les jours qui sont passés sans savoir quand ça va s’arrêter.
»

111 jours.
111 jours d'attente pour Christophe André qui n'a connu que peu de distractions, un à trois repas par jour, constamment attaché à un radiateur, à un lit en fer sur lequel il ne peut s'allonger, ou à un anneau scellé au sol. 
111 jours c'est long, mais comment raconter 111 jours d'ennui et d'inactivité. C'est le défi qu'a merveilleusement relevé Guy Delisle. En très peu de mots, avec son trait de crayon à la fois simple et précis, le lecteur vit l'attente, l'espoir, le désespoir, l'incompréhension, les distractions mentales, la lutte de celui qui ne peut pas lutter.




L'incroyable talent de Guy Delisle nous plonge pendant plus de 400 pages au cœur du calvaire de Christophe André. Une véritable immersion dans l'esprit de celui qui se bat chaque instant pour ne pas sombrer dans la folie ou céder au syndrome de Stockholm.
Le lecteur n'en sait que pas davantage que l'otage : Pourquoi ? Qui ? Comment ? Des négociations sont-elles en cours ? et c'est bien ce qui rend S'ENFUIR, RÉCIT D'UN OTAGE si unique.



-> S'ENFUIR, RÉCIT D'UN OTAGE, de Guy Delisle - Éditions Dargaud, 2016 - 432 pages - 27,50 EUR




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