Quand Presses Pocket part totalement en vrille, ou "Proposition indécente" de Jack Engekhard.

décembre 06, 2016




Un mari. / Une femme. / Un milliardaire. / Une proposition.
David et Diana Murphy ont tout pour être heureux. Ils sont beaux, jeunes, riches, ont réussi professionnellement et vivent un amour sans ombre à Los Angeles.
Mais des soucis financiers vont troubler cette existence parfaite... Prêts à jouer le tout pour le tout et sûrs de leur amour, ils partent à Las Vegas tenter leur chance au-tour des tables de casino. Le couple y fait la connaissance de John Gage, un milliardaire qui leur fait une proposition : il leur donnera un million de dollars si Diana accepte de passer une nuit avec lui...

Les personnages de PROPOSITION INDÉCENTE de Jack Engelhard [Presses Pocket, 1993, 254 pages] ne s'appellent pas David et Diana Murphy ni même John Gage mais Joshua Kane, Joan Kane et Ibrahim Hassan. Ceux qui ont pondu le résumé, et même ceux qui ont décidé de l'édition, n'ont pas du lire le manuscrit. Et puis même, c'est quoi ce résumé ? « Ils sont [...] riches [...] à Los Angeles. Mais des soucis financiers vont troubler cette existence parfaite », Joan et Joshua ne viennent pas de Los Angeles, ils n'ont jamais été riches (le père de Joan est riche mais elle est déshéritée) et s'ils sont à Los Angeles c'est justement pour devenir riches facilement, ils le disent dans, allez, le premier chapitre.
Je sais que l'histoire a été tournée pour le cinéma, je n'ai pas vu le film, néanmoins il me semblait déjà connaitre tout le début. Ça a surement été pompé autre part ou alors l'histoire est tellement plate que de toutes les façons ça ne pouvait se passer que de cette manière là. Là j'évoque le début, peut être parce que j'ai été plus surprise au début, mais c'est tout le long comme ça.

« Nous balançons des milliards sur le marché boursier, dans les loteries et les casinos, et en agissant ainsi nous définissons notre culture. Notre culture s'appelle argent. Les millionnaires et les milliardaires, voilà nos héros. »

Les personnages ne sont pas du tout attachants. Joan et Joshua sont les parfaites représentations du je-veux-tout-sans-rien-faire. Joshua déteste son travail et le rappelle toutes les trois pages, Joan on sait pas ce qu'elle fiche, on sait qu'elle a un emploi, mais ça ne doit pas être bien fameux non plus. Joan et Joshua, la bombasse des beaux quartiers qui a renoncé à son héritage et sa belle vie pour un émigré pauvre, plus stéréotypé tu meurs. Et puis quand ils parlent d'amour, le grand amour, eux qui ont délaissé femme/mari et enfants pour être ensemble et se jurent qu'ils resteront ensemble pour la vie. Déjà que j'ai du mal avec les histoires d'amour mais là on vire carrément dans le mielleux cauchemardesque "moi je t'aime plus que toi tu m'aime" "non c'est moi". Purée. Je crois que le summum est atteint quand David (le roi) vient parler à Joshua, si si promis.

En plus du désintérêt que m'a inspirée "l'intrigue" on ne peut pas vraiment dire que ce soit bien écrit. C'est carrément désagréable à lire, surtout les dialogues qui ressemblent plus à la transcription de dialogues de cinéma qu'à des dialogues de livres. Les répliques sont courtes, inutiles, impersonnelles, si bien qu'au bout de quatre ou cinq échanges on ne sait plus qui dit quoi.
Même les moments où ils parlent bagatelle, ou copulent, c'est chiant. Généralement je râle parce que les auteurs nous mettent des accouplements là où il n'y en avait vraiment pas besoin, là c'est un bouquin sur la monétisation d'un rapport sexuel, on sait quand on prend le bouquin, rien qu'au titre, qu'on va nous parler de cul, on attend que ce soit bien fait, bah non. C'est même pas qu'on vire dans le vulgaire, on n'accroche tellement pas qu'au final on oublie de suite.
On nous fait languir jusqu'au moment où Joan acceptera la proposition d'Ibrahim ce qui est totalement inutile parce qu'on sait très bien qu'elle acceptera, sinon le livre n'existerai pas. On n'attend pas à lire la réflexion des époux sur la proposition., enfin pas sur tant de pages.
Ensuite il y a cette chose horrible qui rend le bouquin totalement ridicule, il aurait pu rester juste nul, mais non, il fallait qu'ils en remettent une couche. Joshua est juif, Ibrahim arabe, et tout le temps Joshua et Joan partent dans des réflexions pseudos philosophiques, pseudo intellectuelles, pseudos intéressantes, sur la relation entre les arabes et les juifs. A noter quand même pour nous qui parlons la France qu'être arabe ne veut absolument pas dire que la personne est musulmane, même Wikipédia le sait, je viens de vérifier. En plus dans le nord de l'Afrique on a des juifs. Pour Joshua les juifs et les arabes, continuons avec ces termes là vu que ça fait visiblement plaisir à ceux qui ont pondu le bouquin, ne peuvent pas cohabiter. Les arabes sont les méchants, les juifs les victimes, enfin je dis les arabes mais d'après PROPOSITION INDÉCENTE le monde entier est contre les juifs, eux seuls ont subi le siècle dernier.
C'est borné, c'est grossier, la réflexion ne va pas plus loin, c'est vraiment pénible.
Et ça ne s'arrête pas là parce que figurez-vous que tous les Allemands sont nazis, si si.

Je crois être incapable de mettre par écrit tout ce qui m'a énervée dans ces 245 pages tant la liste est dense.



-> PROPOSITION INDÉCENTE, de Jack Engelhard - Éditions Presses Pocket, 2006 - 317 pages


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