"Max" de Sarah Cohen-Scali

mars 12, 2017

Au programme de ce mois de février il n'y aura eu que deux livres, JE SUIS UN TUEUR HUMANISTE de David Zaoui et  MAX de Sarah Cohen-Scali (terminé seulement le 2 mais il comptera pour le mois de février quand même).

MAX était depuis 2013 (ticket de caisse l'attestant) dans ma montagne pile de livres à lire, il était temps que je m'y mette.


Konrad von Kebnerel, dit Max, est le premier né de son Lebensborn, et quel premier né ! En plus de remplir avec perfection les divers critères de la race aryenne, Konrad pointe le bout de son nez le jour de l'anniversaire d'Adolf Hitler. Spécimen parfait aux yeux du nazisme, il deviendra rapidement la mascotte de la maternité qui ira jusqu'à le faire baptiser par le Führer ce qui lui permettra d'éviter le sort réservé à ses camarades, l'adoption.

Totalement isolé, il ne fréquentera aucun autre enfant jusqu'à son départ pour la Pologne. Dans ce territoire conquis, il intègre une nouvelle organisation nazie en compagnie de Braune Schwestern, du directeur de son Lebensborn, de membres de le Schutzstaffel et d'une captive.  Vivant toujours en vase clos, entouré exclusivement d'adultes dévoués à la cause d'Aldopf Hitler (à l'exception de l'otage), il découvre le monde extérieur en servant d'appât, permettant l’enlèvement de petits Polonais blonds aux yeux bleus, assez jeunes pour rendre possible une "germanisation".

Les convictions de l'enfant modèle, l'enfant soldat, ne s'ébranleront que lors de sa rencontre avec Lucjian, jeune juif non circoncit remplissant avec merveille les critères de la race aryenne qui parviendra à intégrer une Napola et deviendra le frère de cœur de Konrad.

« 'Mort miséricordieuse': Cela signifie que les bébés, une fois arrives au pavillon 15, sont tués. 'La mort miséricordieuse' n'est pas exactement synonyme de 'désinfection' ou 'réinstallation', c'est différent, plus subtil, c'est 'donner la mort suite a une maladie déclarée'. Parce que voila, les médecins des Heime se sont rendus compte que, même si nous autres, enfants de pure race aryenne, avons été programmés avec le plus grand soin, la plus grande rigueur, même si nous sommes le fruit d'un accouplement irréprochable, une fois nés, nous ne sommes pas a l'abri d'une maladie qui se déclare avec la croissance. Triste constat. Énorme déception. Klaus, par exemple, était affligé d'un bec-de-lièvre, Edith était atteinte de surdité, et Markus souffrait d'asthme. D'autres défauts encore avaient été découverts chez tel ou tel bébé, ailleurs qu'a Steinhoring. Ces tares étaient inadmissibles pour la nouvelle génération des seigneurs et maîtres que nous étions censés représenter.
Pourquoi? s'interrogeaient les médecins. Quelle pouvait-être la cause, l'origine précise de ces maladies de croissance? Comment vaincre les anomalies congénitales? Pour remédier au problème, il fallait chercher. Faire des expériences. Des tests.
Sur les bébés malades amenés au pavillon 15.
»

Konrad est fier, fier de sa conception, fier de sa naissance, fier d'être l'élu, fier du monde dans lequel il évolue.
Konrad est à la limite du supportable, soutenant haut et fort l'abject de l'idéologie nazie, craint même par les adultes l'entourant. 
MAX est difficile, rude, cru, à mettre dans les mains d'un public averti mais accessible dès la fin de l'adolescence. 
La narration est froide, Konrad n'ayant connu que la doctrine de la race des seigneurs jusqu'à l'arrivée des soldats Russes. Les horreurs nazies sont ainsi décrites sans émotion, sans pathos, et c'est à mon sens la grande réussite de MAX, ce qui en fait un roman différent, un roman qui mérite le détour.


-> MAX, de Sarah Cohen-Scali - Éditions France Loisirs, 2013 - 474 pages
MAX vous tente ? Je me sépare de mon exemplaire, rendez-vous ici.



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