"Abela" de Berlie Doherty

mai 15, 2017

Je n'ai pas choisi d'acheter ABELA et je doute que je l'aurai fait. ABELA est arrivé dans ma pile de livres à lire grâce à la merveilleuse initiative qu'est la boîte à livres (ici, celle située Avenue Leclerc à TASSIN-LA-DEMI-LUNE) et à la généreuse personne qui l'a placé ici.


Abela grandit dans les plaines sauvages de la Tanzanie. Après le décès de son père, de sa mère et de sa sœur, victimes du sida, elle tombe sous le joug d'un oncle des plus mal intentionnés.
Rosa est une jeune adolescente Britannique, élevée par sa seule mère suite à l'abandon du père dans sa petite enfance. Enfant unique, son quotidien et ses certitudes sont bouleversées lorsque sa mère prend la ferme décision d'adopter un nouvel enfant.

« Pendant des jours et des jours, Abela songea à la boîte aux soucis, mais elle n'y fit rien. Toutes les nuits, oncle Thomas surgissait dans ses rêves, et il criait et la frappait avec ses grosses mains moites. Et puis, un jour, pendant la récréation, alors qu'elle était seule, elle prit une feuille de papier et un crayon et alla aux toilettes. Là, elle s'agenouilla sur le carrelage glacé et écrivit:
"J'ai peur d'oncle Thomas. Lui me battre si vous me renvoyez chez moi. Lui vouloir me vendre à famille riche. Alors moi aller en enfer." Elle plia la lettre et se dirigea en tremblant jusqu'à la boîte aux soucis. Personne ne regardait. Elle resta immobile, la lettre à moitié glissée dans la fente de la boîte. 
»

Je ne parviens habituellement pas à entrer dans les romans organisés en plusieurs points de vue alternés (un chapitre de la voix d'Abela, le suivant de la voix de Rosa), et pourtant, ABELA a été dévoré en une soirée.
Berlie Doherty nous raconte l'impuissance face au fléau qu'est le sida, la dureté et la simplicité de la vie dans la campagne tanzanienne, la solidarité, la barbarie ignorante qui attend une trop grande partie des petites africaines à l'entrée de l'adolescence, l'amour des plus sincères, la tolérance, l'esclavage moderne, la clandestinité, la difficulté à trouver sa place, et tant d'autres choses.
L'écriture est simple, accessible, et transmet les craintes et joies des deux enfants auxquelles ont ne peut que s'attacher.

Une lecture destinée aux jeunes adolescents, qu'ils soient ou non concernés par l'adoption, qui met en lumière tant la noirceur que la bonté humaine.

-> ABELA, de Berlie Doherty - Éditions Pocket Jeunesse, 2009 - 276 pages
ABELA vous tente ? Je me sépare de mon exemplaire, rendez-vous ici.


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